Carrion de los Condes

La ville qui fit un pacte avec des comtes

Frontière naturelle entre la lande desséchée et la fertile plaine alluviale de la rivière Carrion, cette ville monumentale fut témoin au Moyen Age de réunions importantes qui entre autres lui permirent de maintenir son indépendance en pactisant avec plusieurs comtes.

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À Carrion de los Condes, il ne faut pas manquer de voir son extraordinaire église Santa Maria del Camino, et sa vieille ville; ensuite il faut descendre par le Chemin de Saint Jacques de Compostelle – la route de Fromista – pour voir le monastère de Santa Clara et son musée de crèches de Noël. Le centre ville et le monastère occupent bien une bonne matinée, ce qui vous laisse l’après-midi pour visiter Fromista déjà citée (site indispensable pour les amateurs d’art roman). En sortant de Fromista, ceux qui se dirigent vers l’Est par le Chemin de Saint Jacques,  doivent s’arrêter à Castrojeriz si intéressante. Pour connaître nos conseils gastronomiques et faires vos réservations pour la nuit, consultez notre section Où se loger et Manger à Carrion de los Condes.

Voulez-vous visiter cet endroit?

Dès le II siècle a.C. les romains étaient installés à côté de la chaussée dont ils restent quelques morceaux. On a trouvé des restes de l’époque et des villas romaines des III et IVe siècles.

Au cours de la Reconquête, le site prit de l’importance en tant que point défensif du royaume de Leon, après un repeuplement au Xe siècle. Le toponyme se réfère aux comtes qui régissaient les quartiers au Moyen Age, Le Romancero Viejo de Castilla (La Vieille Chanson de Castille), relie cette lignée avec le chevalier légendaire Bernardo de Carpio ; ensuite Carrion fut des Beni Gomez. A la fin du Xe siècle, Garcia Gomez s’opposa sans succès aux incursions périodiques d´Almanzor qui mit la ville à sac. C’est à Gomez Diaz et à son épouse Teresa que l’on doit la construction du monastère magnifique de San Zoilo de l’ordre de Cluny  au XIe siècle, qui eut une certaine influence dans cette «tierra de Campos» (terre de Champs) et fut le siège d’un concile ecclésiastique en 1130.

De Carrion de los Condes provenaient les époux déloyaux des filles du Cid, qui vers la fin du XIe, et selon la Chanson de mon Cid (écrite un siècle plus tard)  les maltraitèrent et les offensèrent dans le bois de chênes de Corpes (Ce que les habitants de Carrion  dénient formellement).

Le passage du Chemin de Saint Jacques favorisa le développement commercial et artistique, la croissance démographique et l’importance de la ville au Moyen Age. D’importantes réunions politiques et religieuses y eurent lieu : Aymeric Picaud, auteur du Codex Calixtinus traversa la ville vers le milieu du XIIe siècle, mentionnant sa prospérité. Dans son Aljama. Naquit et vécut le moraliste juif Dom Sem Tob, auteur des Proverbes Moraux. C’est aussi la ville de naissance d’un autre chevalier et écrivain illustre, le Marquis de Santillana, Iñigo Lopez de Mendoza.

En 1462, les  habitants de Carrion s’entendirent avec les comtes de Castañeda, Osorio et Treviño, dans le but d’obtenir qu’ils  se soumettent au puissant comte de Benavente. Ce stratagème se traduisit par le rajout de «de los Condes» à Carrion, titre qui est légal depuis 1522.

A la suite de la révolte des Comuneros au XVIe siècle, et malgré les sociétés mercantiles qui réalisaient des échanges entre l’Andalousie, la France et les Flandres, la  population diminua.

En 1854, les jésuites transforment le monastère de San Zoilo en collège et internat (Appellé Du Sacré Cœur de Jésus),  le retransformant en 1890 en collège pour leurs novices.

En 1883 est fondé l’Hôpital de la ville et en 1894, Maria Cristina concède à la localité le titre de «Ville». En 1909, le jésuite né à Carrion, Sisinio Nevares, créa un syndicat catholique agraire dans sa ville natale, ce fut le germe de la Confédération Nationale Catholique Agraire fondée en 1917.

Au XXe siècle, la ville vit naître et grandir l’historien Ramon Carande et l’économiste Fuentes Quintana. Le tracé urbain a beaucoup changé, mais l’atmosphère médiévale et la tradition jacobine perdurent.

Pour visiter Carrion de los Condes, le mieux est de suivre la route jacobine qui traverse la ville d’est en ouest. Sur la route venant de Fromista se trouve le Monastère de Santa Clara, fondé en 1231. Son aspect actuel répond aux restaurations du XVIIe. La cour servant d’accès, la façade renaissance de l’église et le musée annexe guident la visite vers le grand retable du XVIIe, un panneau de carreaux de céramique de Talavera et un Christ  en croix  de Gregorio Fernandez  à l’intérieur, sans oublier les stalles du chœur du XVIe et un orgue du XVe. Le Musée abrite une collection de Crèches de Noël  provenant du monde entier, depuis le XVIe jusqu’à nos jours, et qui ne cesse d’augmenter.

Le Musée conserve aussi des pièces d’Art Sacro, siennes et des anciens couvents de Santa Isabel et San Francisco.

Suivant la rue de Santa Maria, restent des pans de la muraille médiévale. Près de la place se dresse l’église de Santa Maria del Camino ou de la Victoria. Romane du XIIe avec quelques rajouts gothiques et baroques. Le portail principal, quatre archivoltes décorées de taureaux, de scènes quotidiennes et de moulures en damiers, est soutenu par des arcs-boutants… Un auvent permettait aux pèlerins d’écouter les histoires liées aux imageries des sculptures comme celle du Tribut des cent demoiselles chrétiennes aux arabes, l’invasion d’un troupeau de taureaux  etc… L’intérieur  divisé en trois nefs héberge une Vierge sculptée romane du XIII et un chrit ghotique du XVe.

Sur une place proche, l’ancienne maison de l’écrivain Iñigo Lopez de Mendoza est occupée par l’office du tourisme.

La Plaza Mayor est piétonnière et possède des arcades sur deux côtés, le Chemin de Saint Jacques la traverse et débouche sur la Rua où se trouve l’église de Saint Jacques, romane du XIIe, qui fut incendiée par les français en 1811. Son portail est décoré de figures des corporations médiévales, et un Christ en majesté avec les apôtres ornent la partie haute. Le Musée d’Arts Sacrés, outre les objets liturgiques enserre deux chapiteaux trouvés lors de fouilles archéologiques.

Intérieur de l´Èglise de Santa Maria del Camino

La vieille ville comprend aussi l’église de San Andres (XVIe), l’église baroque de San Julian ou le Sanctuaire de Nuestra Señora de Belen (dans la ville haute) qui conserve quelques éléments de ses origines (XVe). C’est là que les fidèles viennent chaque 13 décembre pour embrasser la sculpture sur bois de Sainte Lucie.

En dehors de la ville, il faut voir le pont médiéval sur le Carrion et l’antique monastère de San Zoilo qui conserve une fenêtre du XIe, le reste étant dominé par les diverses réformes entre les XVIe et XIXe siècles. C’est actuellement un hôtel de luxe à façade baroque avec un splendide cloître plateresque et une salle avec les tombeaux des premiers comtes de Carrion les Banu Gomez du XIe siècle. Partant de Carrion, on peut se diriger vers les villes romaines de Pedrosa de la Vega à Saldaña et de Quintanilla de la Cueza.

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Informations pratiques

Coordonnées

42º20’ 20’’ N, 4º 36’ 08’’ O

Distances

Madrid 275 km

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